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 DETERMINATION DU SEXE D'UNE MYGALE

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miticulis
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MessageSujet: DETERMINATION DU SEXE D'UNE MYGALE   11/1/2005, 03:14

DETERMINATION DU SEXE D'UNE MYGALE



Lors de l’acquisition d’une mygale, on peut s’interroger sur le sexe de notre nouvelle pensionnaire. En effet cela est intéressant de connaître ce paramètre car il existe une espérance de vie différentielle entre les mâles et les femelles. Alors que les femelles une fois adultes, vivent parfois jusque 15 ans, les mâles ne peuvent espérer vivre plus de 2 ans une fois la mue imaginale franchie, néanmoins beaucoup de mâles vivent très peu de temps une fois adulte ( environ 6 mois par exemple pour des B. smithi en moyenne). La durée avant l’apparition de l’état reproductif est différente selon les sexes. Les males mettent entre 1 et 4 ans environ pour devenir adultes selon les espèces, et les femelles respectivement entre 1 an ou 2 de plus avant d’atteindre ce stade. Les individus adultes s’identifient aisément contrairement aux juvéniles. Bien sur ces caractères sont très variables entre espèces et même au niveau intra spécifique. Ainsi à un stade très juvénile, on ne peut qu’émettre dans la plupart des cas, un avis. Il va être par la suite traité des différents moyens qu’a l’observateur pour identifier le sexe d’une mygale à l’état juvénile ou adulte. Ces moyens sont tout d’abord la morphologie, l’anatomie interne et enfin des caractères divers.



La morphologie externe:

Plusieurs aspects extérieurs permettent de se forger un avis préliminaire. Chez les juvéniles il faut s’intéresser plutôt à une zone bien précise, appelée le sillon épigastrique, chez les adultes, l’attention sera plutôt focalisée sur l’apparence ou non de caractères sexuels primaires et secondaires mâles. La première chose à faire avant tout est donc de savoir si notre individu est adulte ou non. Les mâles adultes se reconnaissent grâce aux caractères qui vont suivre, pour les femelles la taille reste le moyen le plus sûr. Pour connaître la taille des individus femelles une fois adulte il suffit de consulter différents sites sur internet.



Les pattes:

Les pattes des mâles devenus adultes ont changées depuis la dernière mue. Celles-ci seront devenues plus frêles et plus grandes que celles des femelles. Cette élongation des membres compense la taille du corps des mâles qui sont plus petits que ceux des femelles (cf. photo 1a et 1b). Ainsi, le rapport de taille entre l’envergure et le corps se voit augmenté. De plus les mâles ont, pour la plupart des espèces, des excroissances au niveau des tibias de la première paire de pattes : les apophyses tibiales.




Photos 1a et 1b : la corpulence massive des femelles adultes fait bien contraste avec l’aspect frêle des mâles et leurs longues pattes et leur corps plus petit. A noter aussi les couleurs plus vives du mâle, ici à droite. La femelle à gauche, protège une petite boule blanche maculée de terre : un cocon.



Les apophyses tibiales:

Dans la plupart des espèces, les mâles possèdent une apophyse sur chaque tibia, certaines espèces ne possèdent pas du tout de ces ergots, d’autres en ont 2 sur chaque tibia(cf. photo 2). Ils sont facilement visibles et sont un gage certain du sexe mâle. Leur rôle et de soutenir les chélicères de la femelle lors de l’accouplement, pour éviter que celle-ci n’attaque le mâle lors de la copulation, mais aussi de positionner la femelle pour que l’intromission des bulbes copulateurs se fasse plus aisément. Ces derniers sont aussi un caractère qui permet de certifier que l’individu en présence est un mâle.




Photo 2a : l’apophyse, située sur le tibia en haut à droite, est nettement visible chez les mâles adultes qui en possèdent.





Photo 2b : c’est grâce à ces ergots que le mâle va maintenir les chélicères de la femelle pendant la copulation.



Les bulbes copulateurs:

Eux aussi apparaissent à la suite de la mue imaginale. Ils constituent, avec la plaque génitale abdominale, l’appareil génital externe de l’animal. Ils sont présents au bout des pédipalpes et vont aller se loger au niveau de la plaque génitale de la femelle (cf. photo 3a et 3c). Les bulbes sont constitués d’une base plus ou moins ovoïde suivie d’une extrémité effilée, appelée le style (cf. photo 3b et 3c). Les morphologies de ces bulbes diffèrent selon les espèces. Ils sont la plupart du temps repliés en arrière, et laissent donc entrevoir, au bout des pédipalpes raccourcis des mâles, la partie basale. Celle-ci est recouverte du coté externe, de poils, ce qui forme une petite boule au bout des pédipalpes. Lors de l’accouplement, le mâle les déplie et les styles sont clairement apparents. Ils le sont aussi lorsque les mâles rechargent leurs bulbes en sperme.




Photo 3a : les bulbes forment une petite boule au bout des pédipalpes des mâles adultes, leur base est renflée et ce renflement débouche sur le style.





Photo 3b : le style est très fin et replié vers l’arrière, mêlé aux poils la plupart du temps, ce qui le rend peu visible.





Photo 3c : Ici, le renflement en continuité avec le style, assez massif chez cette espèce (L. striatus ; Schmidt & Antonelli, 1996), est bien visible.



Ceci constituait les caractères primaires et secondaires permettant d’identifier un mâle adulte. Tous les individus de grande taille ne présentant pas ces caractères sont des femelles. Bien sur, cela ne s’applique que dans le cas d’individus adultes. Chez les juvéniles ou les sub-adultes, la tâche devient plus ardue car les variations entre individus sont assez importantes. En l’absence de caractères matures, il faut se focaliser sur la région ventrale de la bête, entre les poumons antérieurs, où se trouvent la plaque génitale, formant un repli avec le tégument et reliant les 2 poumons : le sillon épigastrique.


Le sillon épigastrique:

Pour différencier le mâle de la femelle, il faut regarder la taille de ce dernier. Il est plus large chez les femelles que chez les mâles, de plus celui des mâles et souvent recouvert partiellement de poils (cf. photos 5a et 5b). La plaque génitale forme aussi un trapèze, celui-ci est plus large chez la femelle (photos 5b et 5b). La différence entre les 2 sexes est difficile à voir pendant les premiers stades de croissance, mais plus l’animal grandit, plus il devient aisé de faire cette différence. Il est aussi plus facile de constater ceci sur des mygales dites terricoles plutôt que sur des arboricoles, car ces dernières sont plus fines d’aspect et le trapèze se retrouve diminué.





Photo 5a : ici le sillon est large et à nu, le trapèze formé par le sillon et les poumons antérieurs est ample.





Photo 5b : chez le mâle, le sillon est plus court, partiellement recouvert de poils et le trapèze est moins large.



Sur des petits individus il est donc difficile d’avoir un avis objectif quant au sexe de la mygale, mais une fois plus grosses ou adultes, ceci devient plus facile. Un comportement permettant aussi de reconnaître un mâle adulte est la toile spermatique qu’il va tisser pour remplir ses bulbes. Une fois tissée, le mâle va se tenir un certain temps sur le dos, rechargeant ces bulbes. Les restes de la toile spermatique peuvent être observés une fois cette action effectuée. Toutefois il existe un autre moyen de caractériser le sexe de sa protégée, en réalisant une observation de la face interne de l’exuvie provenant d’une mue.



L'anatomie interne:

Lors de la mue une partie de l’appareil génital interne de la femelle reste accolé à l’exuvie sur sa partie interne, la spermathèque. C’est elle qui va recevoir le liquide séminal du mâle, qui va être stocker jusqu’au passage des ovules lors de la fécondation. C’est une fine membrane translucide ressemblant à une sorte de sac. Là encore, en fonction des espèces ou des genres, la morphologie diffère.





Photo 6a et 6b : la spermathèque, présente uniquement chez la femelle, est visible sur la face inférieure de l’exuvie sous la plaque génitale. Ici la spermathèque à été coloriée sur la photo 6b pour mieux la visualiser.





Photo 6c: une spermathèque de L. parahybana ( mello- Leitao, 1917) permet de montrer cette diversité des formes des spermatèques.



Les mâles quant à eux ne disposent pas de cette membrane au niveau du sillon épigastrique. Il est plus aisé d’observer cette spermathèque à l’aide d’une loupe ou d’un microscope.


Tous les paramètres évoqués permettent d’émettre un point de vue, ou de certifier du sexe de l’animal. Néanmoins il est possible de renforcer ces observations grâce à des caractères grossiers tels la taille, la couleur et l’aspect de la mygale.



Caractères divers:

Il l’a été déjà énoncé, les mâles sont plus petits que les femelles, mais de corps uniquement car l’envergure reste identique. Généralement, les mâles possèdent aussi des couleurs plus franches et plus vives que les femelles. Une dernière chose est le fait que les mâles en vieillissant se dégradent très vite. Ils prennent un aspect miteux et leur abdomen se réduit car le mâle ne mange plus, devient fripé et perd ses poils. Leurs pattes deviennent grêles et génèrent un aspect général de franche sénescence.



Conclusion:

Il a donc été vu que le choix dans le sexe de l’animal doit compter lors de l’acquisition d’un nouvel individu, chez des grosses mygales adultes la différence est très nette et la différenciation se fait très vite avec l’expérience, en effet le caractère « grandes pattes » des mâles s’affiche déjà quelque peu avant les dernières mues avant la mue imaginale. Chez les mygales les plus jeunes, l’utilisation d’une loupe ou d’un microscope peut s’avérer utile dans certains cas. La présence de bulbes copulateurs chez le mâle et la présence de la spermathèque chez la femelle permettent d’avoir un avis objectif sur le sexe de l’animal, et l’aspect général de l’individu permet de le sexer rapidement.


Bon élevage,
Mickaël MAZUREK

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